Francisco Javier Seguí de la Riva & Ana Buenaventura

(Espagne, 1940)

Francisco Javier Seguí de la Riva est considéré comme un acteur incontournable du Centre de Calcul de l’Université de Madrid (CCUM), l’un des rares lieux de création et de liberté tolérés sous la dictature franquiste. Cet espace expérimental développé et financé par IBM a réuni de 1968 à 1982 architectes, ingénieurs, logisticiens, philosophes, poètes, peintres, etc. autour d’une recherche sur « le langage des machines » et les formes de création rendues possibles par le calcul automatique. De nombreux travaux de Seguí de la Riva ont été réalisés en collaboration avec Ana Buenaventura. L’architecte s’est particulièrement intéressé à la définition de modules, basiques, primaires, à partir desquels il tente de développer des architectures, comme il le démontre par exemple dans ses collages formels composés d’unités habitables. Il s’inspire alors des recherches informatiques sur le concept d’unité spatiale menées entre autres par Ian Moore et Neville Longbone. La définition de ces unités a pu ensuite permettre l’étude des comportements sociaux. Les oeuvres présentées lors de la Biennale renvoient au thème « l’archéologie de l’architecture numérique » qui traverse la collection du Frac Centre-Val de Loire, et notamment aux dessins numériques de Jozef Jankovič, conçus à la même époque, dans le contexte totalitaire des Pays de l’Est.


L’intégration de l’ordinateur au sein des processus créatifs a permis d’envisager notamment les systèmes opératifs artistiques et architecturaux en identifiant les unités de base ainsi que les règles d’apparition et de formalisation de ces processus. Les recherches de Javier Seguí de la Riva et d’Ana Buenaventura au Centre de Calcul de l’Université de Madrid (CCUM), de 1968 à 1974, ont cherché à révéler une série d’organisations architectoniques avant de les soumettre à un processus de transformation. Les compositions des drapeaux de la rue Jeanne-d’Arc constituent autant de configurations imaginaires de modules répétitifs qui, en se multipliant, viennent déformer la structure initiale. L’ « ordre social » repose ainsi sur un système cumulatif de cellules de base génératrices de l’habitat. Dans l’« ordre biologique », la forme s’envisage selon une agrégation de cellules dans des limites imposées, avant qu’elles ne se déforment. Enfin, « l’ordre cosmique » fait naître la forme de la décomposition de l’espace, en configurant des mailles spatiales qui s’agrègent selon les règles de la géométrie.

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