Juan Navarro Baldeweg

(Espagne, 1939)

À la fois peintre et architecte, Juan Navarro Baldeweg est invité en 1971 au Massachussetts Institute of Technology (MIT), à Boston, en tant qu’artiste résident, où il réalise ces photomontages et dessins sur photographie. L’architecte espagnol y étudie la possibilité de recréer les différents écosystèmes terrestres au sein de grandes structures pneumatiques pouvant dériver à travers toutes les régions du monde. Il développe alors une recherche sur la création d’environnements artificiels dotés de contrôle climatique. Ces projets rendent compte de la conception de nouveaux outils techniques. Les dessins explorent notamment les potentialités de la diffraction du spectre lumineux à travers la membrane d’une bulle gonflable, requalifiant l’environnement par la couleur. Comme d’autres architectes de cette période, Baldeweg applique son nouveau modèle d’urbanisme à la ville de New York, capitale iconique du XXe siècle. Ces propositions alternatives prolongent les projets de l’américain Buckminster Fuller et du groupe d’architectes viennois Haus-Rucker-Co qui repensent les équilibres terrestres en postulant une relation symbiotique entre l’Homme et la Nature.


Connu dès les années 1960 pour ses travaux sur la couleur dérivés de l’abstraction américaine, l’architecte et plasticien Juan Navarro Baldeweg propose deux drapeaux pour la rue Jeanne-d’Arc de la ville d’Orléans. Ces productions inédites empruntent et monumentalisent des compositions passées. Les images sont scandées de motifs géométriques répétitifs inspirés de phénomènes naturels et de formes cosmiques stylisés (étoiles, gouttes de pluie, lunes …). Le rôle expressif de la couleur et l’affirmation de la planéité des compositions héritent autant des apports du fauvisme que de l’« abstraction post-picturale » théorisée au milieu des années 1950 par le critique d’art américain Clément Greenberg. Tandis qu’Estudio II [Étude II] procède ainsi d’une réflexion sur l’acte de peindre par les variations du motif. Lluvia y Lunas [Pluie et Lunes] traduit les recherches anciennes de Baldeweg autour des signes du zodiaque et des flux d’énergie comme la gravité, le magnétisme et la lumière. La présence flottante des drapeaux dans l’espace public mettra en évidence, nous l’espérons, l’impact émotionnel de la couleur sur les passants.

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