Nidhal Chamekh

(Tunisie, 1985)

Né à Tunis, Nidhal Chamekh a été marqué par l’engagement militant de sa famille. Il arrive à Paris en 2008 et engage une thèse à l’université Paris I. Traducteur auprès des migrants du camp de Calais dénommé « La Jungle », l’artiste a entrepris depuis les débuts de l’installation une démarche documentaire reposant sur une pratique de relevés graphiques et photographiques. L’environnement pensé par Chamekh réunit une partie de cette collecte ainsi qu’une vidéo montrant en un long plan fixe une habitation sombrant dans les flammes (Never give up). Précédant le démantèlement organisé par la préfecture du Pas-de-Calais en mars 2016, plusieurs réfugiés, contraints d’abandonner ce qu’ils avaient construit et inventé ensemble, ont en effet, mis le feu à leurs habitations de fortune. L’ensemble de cette mémoire est augmenté de cinq assemblages agencés selon des notions spécifiques : « lieu commun », « partager », « multiplier », « s’attacher », et « voler ». Un grand drapeau-étendard en bâche bleue réinvestit le symbole national avec les matériaux du camp. Ces assemblages, en confrontant des espaces-temps hétérogènes, en instaurant des écarts, voire des doutes sur l’histoire telle qu’elle se dit, interrogent ce qui fonde notre rapport au monde, c’est-à-dire l’habiter ensemble : contrairement aux idées reçues, la destruction massive de la jungle n’a-t-elle pas plutôt visé l’arrêt d’une expérience inédite, celle de créer et de vivre un monde du commun ?

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