Nidhal Chamekh

(Tunisie, 1985)

Nidhal Chamekh, Sans titre (vexil) Dessin préparatoire pour un drapeau / preparatory drawing for a flag. Courtesy Nidhal Chamekh

Nidhal Chamekh est diplômé de l’Institut supérieur des beaux-arts de Tunis (ISBAT) et de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Chacune de ses créations se situe dans l’intersection entre le biographique et le politique ; entre le vécu et l’historique ; entre l’événement et l’archive. Du dessin à l’installation, la photographie et la vidéo, Nidhal Chamekh fragmente et défait, dissèque à travers ses œuvres la constitution même de notre identité contemporaine.

Ses œuvres ont été notamment exposées à la Triennale d’Aïchi (2016), à la Biennale de Yinchuan (2016), à la LVIe Biennale d’Art de Venise (2015), à la Biennale de Dakar (2014), au Hood Museum à Hanover, Etats-Unis (2016).

La Biennale réunit plusieurs œuvres, dont une production inédite, mettant au jour la pratique architecturale et urbaine du camp de réfugiés de Calais. L’artiste revient sur son récent démantèlement.

Traducteur auprès des migrants du camp de Calais dénommé « La Jungle »,Nidhal Chamekh a entrepris depuis les débuts de l’installation une démarche documentaire reposant sur une pratique de relevés graphiques et photographiques. L’environnement pensé par Chamekh réunit une partie de cette collecte ainsi qu’une vidéo montrant en un long plan fixe une habitation sombrant dans les flammes (Never give up). Précédant le démantèlement organisé par la préfecture du Pas-de-Calais en mars 2016, plusieurs réfugiés, contraints d’abandonner ce qu’ils avaient construit et inventé ensemble, ont en effet, mis le feu à leurs habitations de fortune. L’ensemble de cette mémoire est augmenté de cinq assemblages agencés selon des notions spécifiques : « lieu commun », « partager », « multiplier », « s’attacher », et « voler ». Un grand drapeau-étendard en bâche bleue réinvestit le symbole national avec les matériaux du camp. Ces assemblages, en confrontant des espaces temps hétérogènes, en instaurant des écarts, voire des doutes sur l’histoire telle qu’elle se dit, interrogent ce qui fonde notre rapport au monde, c’est-à-dire l’habiter ensemble : contrairement aux idées reçues, la destruction massive de la jungle n’a-t-elle pas plutôt visé l’arrêt d’une expérience inédite, celle de créer et de vivre un monde du commun ?

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