Takk

(Espagne, 1981 et 1982)

Mireia Luzárraga et Alejandro Muiño

Menant respectivement une thèse sur la politique de l’ornement et les micro-communautés autosuffisantes, les architectes de l’agence espagnole Takk (Mireia Luzárraga et Alejandro Muiño) développent une pratique expérimentale de l’architecture à la frontière de la nature et de l’artifice. Le projet Espèces Allochtones, qui se déploie sous la forme de deux drapeaux et d’une sculpture, réinvestit un répertoire de formes végétales et géologiques passé au filtre de l’esthétique pop et des grottes « rocailles » du XVIIe siècle. Cette installation se compose d’une intrication de branches et de fleurs exotiques invasives qui prennent ici un tour métaphorique. Prenant le parti du décoratif, voire du kitsch, le projet établit un parallèle entre l’envahissement d’espèces allochtones, étrangères à l’écosystème local, et les migrations que les pays du Nord tentent de réfréner en intensifiant les contrôles aux frontières. Questionnant la reproduction de formes autochtones au détriment d’identités hybrides, l’oeuvre cherche à reconsidérer une nouvelle écologie politique de l’architecture.


La démarche de l’agence espagnole Takk (Mire i a Luzárraga et Alejandro Muiño) s’inscrit dans une approche expérimentale et spéculative, entre nature et culture, et vise de nouvelles formes de beauté, de sensorialité et de partage de l’architecture. Avec le projet Espèces Allochtones, Takk interroge l’étrangéité dans le monde d’aujourd’hui. Il milite pour une architecture et une société qui prennent en compte les identités multiples et reconsidérent la question de l’altérité : dans notre monde, est-il encore possible d’être étranger ? Deux « drapeaux », imprimés d’une accumulation de fleurs indigènes, expriment de manière métaphorique le parallèle entre l’envahissement d’espèces allochtones (étrangère à l’écosystème local), et les étrangers que les politiques actuelles tendent de plus en plus à déplacer, résultat des politiques actuelles de contrôle migratoire, des désastres humanitaires, et du réchauffement climatique. Ce projet revendique alors la nécessité de redéfinir les outils de conception de l’architecture pour répondre à de nouveaux scénarios : penser la culture en termes d’ouverture sur le monde, de proximité et d’altérité.

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